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I/. Comment est bâtie une maison à colombage?

1) Les matériaux utilisés:

Le bois:


belle demeure alsacienne

L’emploi du bois est largement prédominant dans la plaine d’Alsace pour diverses raisons : proximité et abondance des forêts (Hardt, forêt du Rhin, forêt de Haguenau, forêts vosgiennes), facilité relative de préparation, de transport et de mise en œuvre du bois de construction, existence d’une main d’oeuvre qualifiée, possibilité de prélever dans la forêt seigneuriale ou épiscopale certaines poutres maîtresses en nombre limité et le menu bois pour le remplissage, habitudes et traditions des constructeurs, bonne adaptation et bon coefficient d’isolation aux climats continentaux souvent extrêmes, et enfin coût moindre par rapport à l’utilisation et au travail de la pierre.  Les essences de bois les plus fréquemment utilisées sont les conifères dans la plaine agricole où les zones boisées sont plus rares et le chêne à proximité des forêts où cette essence abonde (Forêt de Haguenau, Ried, Sundgau). Le choix de l’essence est aussi fonction de la richesse du propriétaire, le chêne étant beaucoup plus coûteux que le sapin. Il est d’ailleurs fréquent d’utiliser sur une même maison, du poutrage en chêne sur le pignon et la façade sur cour, visibles depuis la rue et du poutrage en sapin, épicéa ou pin sur l’arrière.

maison place de l'Etoile

Les planchers se composent de solives portant le plancher proprement dit, formé de larges lames de sapin ou de pin, assemblées à rainures et languettes, que les ménagères s’efforcent de tenir aussi propre et blanc que possible à l’aide de sable fin et, plus tard, d’encaustique. Les plafonds en plâtre sur lattis léger sont généralement accrochés en entrevous (partie de plancher entre deux solives), en laissant apparente la partie inférieure des solives.L’espace entre lattis du plafond et plancher est souvent rempli d’une couche de scories et de plâtras, assurant une bonne isolation thermique et phonique. 
Dans la « Stub », les murs sont fréquemment lambrissés (« Getafelt ») sur toute la hauteur, en sapin ou en essences plus « nobles » (ébène, châtaigner, noyer, merisier ou fruitiers). Les plafonds sont souvent traités en caissons. Le lambrissage, d’inspiration Régence, Louis XV ou Louis XVI, est teinté au brou de noix (« Nussebeitz ») mais peut également être marqueté, décoré de peintures polychromes ou de peintures à la suie au pochoir (« Schwarzmohlerei »), notamment la cloison d’alcôve. Dans les autres pièces les murs sont plâtrés et blanchis à la chaux (« Gewisselt »), quelque fois additionnée de colorants, comme le crépi. Vers la fin du XIXè apparaissent les papiers peints, mais on pallie souvent leur prix élevé en demandant au peintre d’appliquer sur les murs, à l’aide de rouleaux spéciaux, de faux papiers peints en trompe l’oeil ou du faux bois appliqué au peigne.
 

oriel de la maison des Têtes

La pierre:

Hotêl de Ville et Eglise catholique

Un seul mur de la maison est entièrement maçonné : l’épais mur coupe-feu séparant la cuisine de la « Stub » et de l’alcôve attenante en laissant passer l’air chaud dans le poêle, par un conduit spécial auquel il est directement raccordé. Le maçon se trouve donc confiné dans les travaux un peu subalternes de préparation des fondations, de maçonnage du mur coupe feu et du montage de l’unique conduit de fumée et de son couronnement de sa mitre. 

2) Les techniques:

Une maison à colombages ou maison à pans de bois, est une maison constituée de deux éléments principaux : Une ossature de bois, la structure même de la maison, composée de sablières hautes et basses, de poteaux, de décharges et de tournisses. Le hourdage, qui forme les murs et qui a un rôle de remplissage et de raidisseur. Il est fait de briques (crues le plus souvent) ou de matériaux légers comme le torchis ou le plâtre.

Le terme de colombage utilisé couramment pour désigner une maison à pans de bois vient de la petite avancée en tuiles protégeant des intempéries les murs et sur laquelle les pigeons ou colombes viennent se poser. Cette avancée se trouve souvent sur les extrémités des maisons, mais parcourent parfois l’ensemble du périmètre.

Cette technique, qui existait déjà dans l’antiquité romaine, a été utilisée en France dès le début du Moyen Âge jusqu’au XIXe siècle. Cependant, dès le XVIIIe siècle et durant tout le XIXe siècle, on plâtre les façades des maisons à pans de bois afin de leur donner un aspect plus luxueux et moderne. Cela dit de nombreuses maisons à colombage subsistent un peu partout en Europe et des plans de restauration sont mis en œuvre afin de conserver ce type d’habitat considéré comme un patrimoine architectural.

Les différentes techniques de construction à colombages:

La maison repose généralement sur un mur de refend qui protège le bois de l’humidité du sol. Parfois, tout le premier niveau est fait de pierres.Le remplissage (hourdage) est généralement fait de torchis (argile, de la paille, du sable, et de la chaux), matière isolante et imperméable. La brique a aussi été utilisée, recouverte d’une couche de plâtre pour lisser le tout.

Pour les techniques de remplissage au torchis, il existe, entre autres, la technique de plaquage (comme en Bresse), mais aussi deux autres techniques originales : l’espace à remplir est d’abord « palissé » (mise en place verticale de sections de bois imputrescible), puis le torchis est mélangé à de la paille afin d’obtenir une forme de boudin que l’on entoure autour du palissage. On peut aussi faire une boule que l’on place entre le palissage.

 

La technique des bois longs: La technique des bois longs a été utilisée principalement au début du moyen âge. Pourtant relativement simple, elle a été assez rapidement abandonnée en raison de plusieurs facteurs. Les poteaux montent d’un seul trait, du bas de la maison vers le haut. Les pièces horizontales viennent alors s’assembler dans les pièces verticales.

Les raisons de son abandon sont multiples. Tout d’abord, beaucoup de ces maisons étaient construites à même le sol, sans isolation du bois qui pourrissait donc facilement. Les maisons en longs pans qui sont actuellement conservées ont été construites avec un mur de refend, prévenant ainsi le pourrissement des bois. De plus, à partir du XIIIe siècle, le bois long se raréfie, tout particulièrement en ville. Il était en outre bien difficile d’apporter de longs poteaux dans les ruelles étroites et sinueuses des villes médiévales. Cette technique a donc été abandonnée progressivement pour laisser place à la technique des bois courts. Elle a été interdite dans les voies publiques des grandes villes, afin d’éviter la communication du feu d’un côté d’une rue à l’autre.

 La technique des bois courts: La technique des bois courts a donc pris le pas sur les bois longs. On n’utilise plus de longs pans mais des bois plus courts qui facilitent la construction, tout particulièrement en ville. Un poteau forme un niveau. Cette forme de construction va permettre le développement des maisons à encorbellement.

 L’encorbellement: Encorbellements primitifs à Rouen, rue du Petit Mouton (XIVe siècle) Les encorbellements assombrissent complètement la Ruelle des Chats à Troyes. Ce terme est dérivé de corbel, forme ancienne de corbeau. L’encorbellement a pu se développer grâce à la technique des bois courts. Ce système de construction permet de porter une charge en surplomb sur le nu d’un mur. Les maisons vont donc avoir un ou plusieurs étages, en saillie sur le rez-de-chaussée.On en trouve dès le XIVe siècle. Au cours du temps, cette technique va se perfectionner, ce qui va permettre la multiplication des encorbellements. Certaines maisons pouvaient avoir deux ou trois étages en encorbellement. 

L’encorbellement primitif était fort simple : le poteau du rez-de-chaussée portait le sommier et s’évasait vers le haut en portant le pigeard ; la première sablière du premier étage était directement posée dessus. Ce système va évoluer vers un assemblage plus compliqué : le sommier repose sur le pigeard. Il y a deux sablières, une inférieure, correspondant au mur du rez-de-chaussée et une supérieure, servant au mur du premier étage. 

La construction en encorbellement avait plusieurs avantages : elle permettait de gagner un peu de place dans les étages, mais surtout elle évitait aux eaux de pluie de s’écouler sur la façade; ainsi, chaque étage en encorbellement protégeait l’étage inférieur. Cependant, au fur et à mesure ce système a été interdit. À Rouen, par exemple, il fut interdit en 1520, au prétexte de « faire circuler l’air pour lutter contre la peste ». À Paris, il fut interdit plus tardivement, en 1667. Il comportait en effet aussi de nombreux désagréments. Les rues médiévales, assez étroites, se trouvaient ainsi encore plus réduites, ce qui les assombrissait. D’autre part, ce système posait des problèmes de sécurité lors des incendies, assez courants dans les villes médiévales. Un autre facteur qui est à prendre en compte est celui de la nouvelle influence de l’architecture italienne.

-Pourquoi la chaux ?

Hormis les bétons, la chaux accepte tout type de support: Terre, pierre, brique, bois….. Elle a la particularité d’être perméable à l’air et imperméable à l’eau évitant ainsi la condensation.
Les mortiers de chaux sont employés indifféremment en extérieur ou intérieur.Ils sont utilisés pour le rejointoiement et les enduits des constructions neuves ou en restauration. Ils sont en outre relativement souples et évitent les micro fissures qui favorisent le passage de l’eau vers l’intérieur des murs.

3) Les avantages:

On utilise le bois feuillu ou le chêne pour la charpente des façades et le pin pour la charpente de toiture. La maison Alsacienne se caractérise par l’importance prépondérante du bois pour la charpente et surtout les murs ,les cloisons intérieures, les planchers et les escaliers ;c’est une maison à pans de bois,constituée par une structure de pièces de bois de différentes formes, longueurs, largeurs et épaisseurs.

Il existe deux conceptions de maison rurale Alsacienne :

- la maison -bloc : elle regroupe sous un seul toit l’habitat et le batiment agricole.

- La maison cour à toits multiples composée de plusieurs batiments s’inscrivent autour d’une cour.

  • La Charpente traditionnelle : elle se compose de l’entrait, arbalétrier,poinçon,pannes,chevrons,contrefiches, le tout assemblé par tenons et mortaises, chevillés les uns aux autres.

  • Le Toit : se caractérise par une pente très forte,rendue nécessaire par la fréquence et l’abondance de la neige,il est couvert par des tuiles plates à l’extrémité arrondie fixées aux lattes en pin noble,côté pignon le toit déborde environ 30-50cm, fermé par des planches de rives ,en sous face par des lambris ; côté facade le toit déborde entre 0,80-1.00m ,soit on ferme la sous face par des planches ou on la laisse apparent.

  • Les combles : deviennent une espace de vie supplémentaire,souvent réalisés des chambres d’enfants mansardées ou éclairées par des velux.

  • Murs en pignon et en façades : sont en charpente de solives bois verticales ou obliques,remplis de torchis ou de maçonnerie brute,finition par enduit ciment coloré couleur aux choix.

  • Les portes et fenêtres : sont en bois ,en pvc ou en alu avec doubles vitrages isolants, incorporés des croisillons, en ensemble intègré les volets battants ou volets roulants.

  • Plancher bois : surélevé de 1m du sol pour éviter l’inondation,le plancher est réalisé par des poutres en bois de chêne espacées de 0,70cm, l’isolation fermée les travées, la pose de plancher en contre plaqué,et avec finition en parquet bois collé,en revêtement de sol en laminé ou en moquettes.

  • Certaine maison a une cave pour stocker les vins, la nourriture ou pour ranger, elle est éclairée par un saut de loup ,d’amener d’air.

A l’intérieur de la maison alsacienne est agencée autour de la grande pièce de séjour,à la fois salle à manger,salon de réception,chambre à coucher, la maison est souvent chauffée par le bois et par la poële à carreaux de terre vernissée, ou de pierre de faïence émaillée.

Les toits alsaciens présentent une assez forte déclivité (40° à 60°) rendue nécessaire par la faible épaisseur et la relative fragilité du matériau de couverture traditionnel : la tuile plate de terre cuite. La pente est adoucie en bas de versant par un coyau chargé de chasser l’eau de pluie afin qu’elle ne mouille pas la sablière basse. La forme du toit la plus fréquente et la plus ancienne est le toit à deux versants ou « à bâtière » (« Satteldàch »). A partir du XVIIè siècle, il arrive de plus en plus souvent que l’extrémité du faîtage (au pignon) soit coupée en biais par un abattant ou « petite croupe » (« Wàlm ») : cette croupe prend de l’extension au fil du temps et selon les modes régionales, notamment dans le Sundgau, passant de 3 à 4 rangs de tuiles à une douzaine : demi – croupe ou fausse croupe (« Hàlbwàlm ») voire plus, avant de revenir progressivement au toit à deux versants. 

Par tpe1eres7 le 13 février, 2009 dans Non classé

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